Le secret des Amazones

"Je m'en allais dans les bois parce que je voulais vivre sans hâte et sucer toute la moelle de la vie, mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas découvrir à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécue" (Henry David Thoreau) *** Je suis partie en Amazonie, dans ce petit pays qu'est l'Ecuador. J'y est rencontré la nature, la nature humaine et l'amour...

je pars

le bus s'en va. seule au milieu de nulpart, voici la porte d'entrée de la selva

A cette période de ma vie je pose les choses
Envie de concrêt, de rencontres humaines,
* de savoir-faire (avec mes mains, je veux dire),
   * envie de contact avec la terre,
      * envie d'apprendre
Me voila donc prête pour aller à la rencontres de ceux qui savent utiliser les ressources de la nature pour soigner, survivre
* 1ère étape : l'Amazonie, poumon du monde, contrée de chamans, en Equateur ce petit pays

   * 2ème étape : escale en Bretagne, à la rencontre la forêt qui m'entoure et de ses mystères de sorcières
      * 3ème étape : l'Asie, sa sagesse, sa finesse, ses secrêts de bien être et de beauté
Avec mon sac, direction l'Equateur, quelques contacts WWOOF en poche... c'est parti !


commentaires {1} - Ajouter un commentaire
Publié à 10:25, le 11/02/2009, Bretagne
Mots clefs : plantes médicinalesAmazonieNatureBretagneprojetdépart

les brumes de la sierra

En descendant de la laguna, les pieds nuds sur le goudron brûlant, la tête dans la brûme, j'ai rencontré des bergersPremière étape en Equateur. Je fuis la capitale vers Salcedo... en bus ! Vive les émotions fortes ! Un vieux bus, un chauffeur fou, un crieur.. je découvre les joie du transport local. 

Isa est une française qui vit là. Elle tient un local où elle propose un menu français, des cours de langue et elle lit les cartes. 

 Après la visite de l'entreprise de plantes Jambikiwa ; après la rencontre avec Rosa, sa dirigente kichwa ; après une chasse au trésor dans le centre de Riobamba, nous trouvons la petite boutique de savons, huiles et matières premières. Vite, de retour à la maison nous nous essayons à la fabrication de savons aux multiples saveurs : menthe/chocolat ... hum... écorces d'orange... hum... 

POUR FAIRE UN SAVON :

* faire fondre la glycérine avec de l'eau parfumée ou cendrée

 * battre avec un fouet et continuer à tourner pendant que ça chauffe

*dès que le liquide montre les 1ers signes de cristalisation, très vite, verser dans un moule

* et ajouter les saveurs choisies

 

"Une nation n'est pas concquise

tant que le coeur des femmes n'est pas à terre.

Alors, seulement, c'est la fin,

quelque soit la bravoure de ses guerriers

ou la force de leurs armes."

(proverbe amérindien)



commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 11:26, le 31/12/2008, San Miguel de Salcedo
Mots clefs :

ce que disent les cartes

Lunès, 

 

Les cartes de tarot l'autre jour, comme les graines ce soir, encouragent mon projet, mon chemin et ma vie de femme.

A chaque fois, le message est clair. A chaque fois la féminité est présente : LUNE, FEMME, EAU, TERRE. Auquel viennent s'ajouter la force, la chance, des rencontres, des choses qui viendront seules.

Mais toujours, aussi, il y a un foyer d'émotions important, qui peut-être, m'empêche d'avancer. Etre plus calme, posée et lâcher prise. Cracher ses émotions. Ecrire...

 

Voila un voyage qui s'annonce riche !

 

 

"La terre des Andes est une belle femme avec de belles rondeurs.

La terre des Andes n'est pas une poubelle !

La Terre est la première femme du monde qu'il faut protéger." Isa

 

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 08:50, le 30/12/2008,
Mots clefs :

conversation dans la cuisine

 

 Lunès,

 

Aujourd'hui au local nous avons passé du temps, Esther, Isa et moi à papoter dans la cuisine. LA CUISINE, ce lieu où il se passe toujours quelque chose. Nous avons parlé des femmes, des grand-mères, de la sexualité, de contraception. C'était même étonnant de parler loin du taboo. Et malgré une culture paysanne de la sierra, Esther ne paraissait ni choquée, ni génée mais plutôt intéressée. Hé Hé !

Elle disait que ici, les femmes ont beaucoup d'enfants, à tout âge d'ailleurs : je l'ai remarqué dès mon arrivée. Elle dit qu'une famille n'est reconnue comme telle qu'à partir de 5 enfants. Elle nous apprends que les vieilles savaient comment éviter les grossesses. Sa grand-mère buvait un mélange de plantes.

 Isa dit que les femmes savent également qu'une fausse-couche peut-être provoquée grâce à la Ruda. Elle l'a appris ici. Tant de connaissances qui font dire à Esther que si les femmes ont des enfants c'est pour éxister socialement. Voila qui me fait ravaler mes appriori ! 

 

 LES P'TITS TRUCS D'ESTHER:

* une méthode contraceptive naturelle, utilisée par sa grand-mère,

grâce à une infusion de romarin et d'avocat

(ATTENTION ne pas essayer : recette incomplète)

* chaque matin, Esther mélange du gel d'aloé vera avec de l'herbe brûne et de l'eau.

Et hop ! elle avale cette mixture pour lutter contre le soleil qui brûle sa peau

 

 

 

 



 


commentaires {1} - Ajouter un commentaire
Publié à 09:08, le 29/12/2008, San Miguel de Salcedo
Mots clefs :

viva la selva !

 

CA Y EST ! Je suis dans l'Amazonie !

Très rapidement, je me sens bien ici. Wajuyat' m'accueille très bien et se montre intéressé pour m'aider sur mon projet. Il est indigène et connait une multitude de plantes. Je vis donc dans sa famille, dans sa communauté Shuar, "a dentro de la selva".

Je ne le sais pas encore, mais je vais rester là jusqu'à la fin. 

 

 

 

"J'aime la nature parceque je suis née dans la nature. J'aime voir les animaux.

Parcequ'à la ville il y a de la pollution et ça contamine. Et pour ça, je n'aime pas bouger de la nature où la vie est fraîche.

Je me sens heureuse parceque tu nous rend visite.

Les animaux parlent et le vent est frais. La vie dans la nature est très heureuse.

Et quand je sortirai du collège, j'aimerai revenir rapidement dans ma maison et travailler.

Et je vivrai heureuse avec mon père et ma mère et toutes les familles.

Nada mas ! ceci est ma parole pour toujours, mon amie Chris.

Yuminsame". Fanny, 15 ans. 

 

 


 


 

 


commentaires {1} - Ajouter un commentaire
Publié à 09:33, le 30/11/2008, Puyo
Mots clefs :

la chicha

 

La CHICHA est LA boisson quotidienne de la Selva. Plus qu'une boisson, c'est une institution, avec ses codes et ses coutûmes. Elle représente une culture et tous les indiens en sont fiers. De plus, je crois que ça les amusent de voir les réactions des "gringos" de passage. 

Ici, on fait de la chicha de yuka jaunes,

      de yuka blanc (douce comme du lait),

         d'ungurahua (rosée et riche comme un chocolat chaud)

            et de chonta (bien acidulé). 

La chicha est une histoire de femmes. Si les hommes aiment s'en faire servir à longueur de journée, sa fabrication est exclusivement réservée aux femmes. Non pas une corvée, mais bien la fierté d'un savoir-faire qui leur est réservé. 

Aujourd'hui les fruits sont pilés, mais avant _ et encore pour le plaisir_ les filles mâchent et crâchent. Assises autour de la gamelle, elles mastiquent longuement et crâchent. Une soirée entière passée au rythme lancinant et presque silencieux (hormis le feu d'artifice d'une pluie de yuka postilloné) tels des ruminants. 

Une ou deux nuitée plus tard, la boisson est prête et commence à macérer et nous pouvons tous déguster : hommes, femmes et enfants attendent leur tour. Elle se concerve traditionnellement dans une coque (sorte de coloquinte géante) en forme de poire. 

A aucun moment l'homme ne se sert. La femme détient l'art de plonger son "bol" (le plus beau de la maison, en coque de fruit) dans le récipient où macère la belle. Elle seule sait, d'un tour de main, plonger le bol et l'essuyer pour le présenter au premier. La femme, debout, au milieu de l'assemblée, rythme le circuit partagé et reste maîtresse de la distribution de la boisson. 

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 11:01, le 29/11/2008, Puyo
Mots clefs :

coup de gueule

 

 Vendredi,

 

Aujourd'hui mon coeur est triste. 

En plantant de jeunes pousses d'arbres dans le terrain autour du Centro de Semillas, j'ai mis du temps à comprendre la manière de travailler. 

1/ la selva est précieuse mais un arbre ne l'est pas vraiment car il y en à pleins, presque trop. Aussi, on y va sans faire de détail, à la machette. 

2/ je n'ai pas comprit comment ces petits arbres vont faire pour se battre et trouver l'espace et la lumière nécessaires. 

3/ je découvre après beaucoup d'indignation, qu'il n'y a pas de service de recyclage, ni même de déchetterie. Et que Wajuyat' _ bien qu'écolo_ jette les plastiques et les conserves dans un trou ! Il fait un nettoyage de temps en temps et brûle. Au mieux, il emmene ses déchets en ville 

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 11:30, le 28/11/2008, Puyo
Mots clefs :

1ère leçon de botanique

 

Première leçon de botanique.


Je dis"première" pour lui donner toute son importance. 

Elle fut la première plante que Wajuyat' m'enseigna. Elle est la plus belle avec ses fleurs roses pâles en trompettes. Elle est aussi la première, car elle est unique, et elle vit là, tout près. Elle est importante car c'est la plante du coeur. Et particulièrement du coeur de Wajuyat' car elle est l'héritage de son père qui la soigna toute sa vie, là près de sa vieille maison. Mikiut _c'est son nom shuar_  fait des miracles en médecine. Elle accompagne les visions vers du positif. Elle répare le squelette et ses fractures (comme Wajuyat' en a fait l'expérience suite à un accident). 

 

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 12:17, le 27/11/2008, Puyo
Mots clefs :

une chouette nuitée

 

Mercredi matin, sur la terrasse de ma cabane, 1er étage, vue sur la selva :

 

Je n'ai pas eu peur. A aucun moment. J'ai passé des heures et des heures à écouter les bruits de la nuit : grillons, grenouilles, oiseaux en tout genre, petits tigres ... hou !

Ma cabanea un étage avec une terrasse tout autour et un toit de feuilles de palmiers. Elle est presque ronde. De là où je suis il y a une fenètre près du "lit" et 2 portes ouvertes. 

 

JE ME SENS BIEN ICI ! 

Into the wild...

 

Hier soir je n'ai pas mangé. J'avais faim. Je me sentais si petite, si vulnérable. Le corps entier offert comme une proie à la selva. En toute confiance. Proche. Toute proche de cette nature vivante et sauvage. Sans barrière, sans protection. Sur la terrasse, perchée, presque dans le vide, portée par la selva.

Oui ! J'ai pensé aux dangers. Oui ! Aux serpents, aux tigres qui pouvaient sentir mon odeur. Mais je n'ai pas ressentie la peur.

J'ai dit à ARUTAM toute la confiance que j'avais dans mon coeur pour cet endroit et touts mes doutes (de ne pas être digne de recevoir cette expérience, cet apprentissage). Cette nuit, Arutam s'est montré bien-veillant t la nature accueillante. 

 

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 04:24, le 26/11/2008, Puyo
Mots clefs :

jour sacré

 

Jeudi,

 

Aujourd'hui est un jour sacré !

Sofia est allée pêcher avec Kungup' et je suis seule avec Wajuyat'. 

Paré de ses bijoux sacrés, en pagne traditionnel, d'une beauté immense et noble, il me guide dans la forêt. Nous commençons à réviser les plantes apprises, puis il me parle de plusieurs arbres. On est bien.

Il se retire pour méditer quelques minutes, puis me guide à son "lieu sacré" . Et là, ni en espagnol, ni en français je ne trouve les mots pour ce que je vois et je ressens. Perchés là-haut, le paysage est magnifique, surplombant le territoire protégé de Wajuyat'. Une vague de sentiments de douleurs, de combats identitaires et d'urgence m'envahis et je pleure. Et je pleure... Et je lis l'histoire de cette nature, l'histoire de ce peuple. Et je pense à son père, parti tel un jaguar.  

 

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 04:41, le 25/11/2008, Puyo
Mots clefs :

ATTAQUES ARMEES !

 

Vendredi, 

Aujourd'hui Wajuyat' prends le temps de m'expliquer ce qui s'est passé : 

 

 Depuis 2006, 5indigènes ont retrouvé le document officiel "cadastral" qui stipule que les terres appartiennent à leurs ancêtres, donc leurs reviennent de droit. 

La ville de Puyo s'est construite sur un de ces terrains. Bien sûr, quand on parle de droit indigène à la municipalité, elle ne peut nier, mais essaie de négocier. Mais les indiens ne sont pas naïfs et connaissent la valeur de la nature et le prix de leur liberté. 

Ainsi, 5 communautés shuars se sont organisées et défendent leur droit. Cependant, depuis 2 ans, il y a eut 3 attaques des autorités équatoriennes, sans préavis !

 

La première eut lieu en 2006 : 10h du mat'. Tout va très vite. Des militaire déboulent, virent les habitants et détruisent leur maison. 

La seconde s'est passée en pleine journée : policiers, militaires, chiens et tracteurs rasent les maisons et brûlent les terres. Des femmes sont maltraitées.  enfants ont disparus dans les décombres...

Jamais 2 sans 3 ! Cette fois, les grands moyens sont déployés et l'attaque se fait par hélicoptère. 

 

 Et que font les Shuars ? Ils se tournent vers les associations nationales de défense des peuples. Mais ils sont décus et pensent que ces associations sont corrompues, sous prétexte de négociations avec le gouvernement. 

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 04:55, le 24/11/2008, Puyo
Mots clefs :

j'ai mal aux pieds !

 

Mardi,

 

je suis obligée de rester à la maison. Depuis hier, je ne peux plus marcher. Mes pieds sont enflés depuis 4 jours. Je les ais mal-menés : 2h30 de marche pieds nus dans la boue, beaucoup de piétinements à Banos, une piste de danse, puis une autre chez Esperanza !

Ces quelques heures chez elle étaient arrosées de danses, de rires, de pleurs et de paroles. A l'image d'une famille tzigane qui a le sens de la famille et qui pleure ses morts. Cette façon répétitive d'exprimer sa douleur ou son appartenance. 

 

Ce matin, je me suis réveillée à 6h par le bruit habituel de lafamille qui selève. Eloïsa vient me donner un bain de vapeur pour mes pieds. elle rentre dans ma chambre avec un chaudronfumant aux odeurs délicieuses de plantes variées. A trois reprises, mes pieds s'imprègnent de vapeur parfumée au menthol. 

 

 

 "J'aime ma forêt parce que je suis une femme shuar et que nous aimons beaucoup notre selva. Quand nous sommes malades, nous nous soignons avec la médecine naturelle. Nous travaillons aussi et nous cultivons pour avoir de la nourriture pour nos enfants. Je suis très fiere que tu nous rende visite dans notre selva." Eloisa

 

 


commentaires {1} - Ajouter un commentaire
Publié à 05:08, le 23/11/2008, Puyo
Mots clefs :

des lucioles

 

 Dimanche, je crois

 Une histoire à dormir debout :

 

 Ici, je perds la notion du temps. Entièrement disponible à chaque instant, à chaque merveille de la nature.

Ce soir, je suis seule avec les enfants. Après le repas, la nuit tombe et nous n'avons pas de bougie. C'est alors qu'une luciole nous vole sous le nez. Aussitôt, Metsang, vif comme l'éclair se met en chasse de la "jimi".

Je n'avais jamais regarder le corps d'une luciole. Insecte de 2 cm, en carapace avec 2 yeux d'un vert lumineux. 

Magali prend la luciole et commence à tourner sa main autour de son nombril : "garçon ou fille" et pose la pauvre luciole étourdie sur le dos. A chaque fois, la petite se débat pour se retourner sur ses pattes. Elle a 2 possibilités : en sautant ou en tournant sur elle-même. 

Soudain, une lumière ventrale orange s'allume et d'un bond se retourne. Ca sera un garçon ! 

Nous avons joué pendant des heures. 

 

La préparation en YAMPAKO :

* abattre un palmier : couper un tronçon et l'éplucher pour en garder le coeur tendre

* garder 5 feuilles de palmier pour l'emballage

* disposer 4 feuilles de palmiers pour faire une surface

* dessus, déposer les feuilles de shiniumas et le coeur de palmier en lamelles

* enrouler le tout à l'aide de la 5ème feuille

* plier en deux et attacher avec un fil de palmier

* et faire cuire dans la braise


 


 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 05:32, le 22/11/2008, Puyo
Mots clefs :

Nantar

 

 Vous vous êtes peut-être demandé que signifie ce nom "nantar" ?

 

Nantar est rare, précieuse et d'une beauté mystérieuse. 

C'est une pierre noire, cristallisée, avec un filet blanc. Elle tient dans la main. 

On ne sait pas où la trouver, c'est elle qui nous trouve. C'est un encore une histoire de bonnes femmes !

Cette pierre a beaucoup de pouvoir. Et les personnes qui l'ont rencontrées sont rares. 

Nantar porte chance. Déposée près de ses cultures, elle rend la terre fertile. 

Elle s'appelle NANTAR ... et c'est le nom shuar que l'on m'a donné. 

 


 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 05:23, le 22/11/2008, Puyo
Mots clefs :

jour d'école

 

Martès, 


Aujourd'hui j'ai accompagné les enfants à l'école. L'école se situe au centre de la communauté. Il y a une dizaine d'enfants de 4 à 11 ans. Tous sont kichwas ou shuars. L'école est en espagnol depuis la colonisation.

Plusieurs fois sur le chemin, nous nous sommes arrêté dans la maison du professeur. Il est rarement dans sa classe mais sa maison fait office de bureau. 

Le travail scolaire est très aléatoire, comme partout en Equateur. Et les enfants sont tous très autonomes (comme dans la vie), et font leurs exercices seuls ou avec les camarades. Mais ils discutent aussi, chantent en aparté, sans que cela ne semble gêner le prof. Tous les jeunes et les enfants que j'ai rencontré, aiment l'école et veulent apprendre. 

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 05:58, le 21/11/2008, Puyo
Mots clefs :

Huile d'ungurahua

 

Pendant les quelques jours passés dans la communauté de notre ami chaman, nous avons rendu visite aux voisins qui fabriquent de l'huile d'ungurahua. Une huile pure et douce d'un fruit dont je connais déjà la saveur en chicha.

Et sans distilateur !

Près de la maison, un bidon est en constante ébullition sur son grand feu. La grand-mère m'explique qu'après 2 ou 3 jour, il suffit de filtrer pour obtenir une huile pure. 

 

Atelier pratique !

* Dans une gamelle, écraser les fruits noirs pour virer la carcasse et les noyaux.

* La fine couche de chair rose se dilue dans l'eau. 

* Ensuite, on filtre

* A cette étape on peut boire le jus d'ungurahua, délicieux comme un lait ou un chocolat

* Pour l'huile, il suffit de boullir et filtrer

 

La famille m'informe que cette huile se vent bien. Elle est douce et de bonne qualité. On peut la boire ou l'utiliser pour la cuisine ou pour les cheveux. Toujours bien soigner ces cheveux ! D'ailleurs, je laisse la grand-mère me prouver ses dires et m'appliquer une couche d'huile sur ma tête. Vraiment agréble et efficace !

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 07:26, le 20/11/2008, Puyo
Mots clefs :

el trago !

 

EL TRAGO ! 

Ca sonne comme le Dragon ! Ca fait presque peur et ça promet d'être fort. Et ça l'est. 

On l'appelle aussi l'Aguardiente ou le 15 (parceque c'était son prix).

Cette eau n'est pas innocente et aussi forte que l'eau-de-vie de nos grands-pères. 

En fait c'est de l'alcool de canne à sucre, donc une forme de rhum.

En revenant de Macas, nous nous arrêtons chez ce vieil homme, au bord de la route où il fabrique son Trago. Nous voulions 2 litres à offrir à notre ami chaman (cadeau souvent apprécié par les indiens).

Un four, un distillateur, un bac à fermenter. Nada mas ! Et moi qui croyait que c'était vraiment compliqué. Les cannes sont écrasées et mises à fermenter. Puis elles sont brûlées dans le four. La vapeur joue aux montagnes russes et redevient liquide !

l'alcool, et notamment cet alcool fait des ravages chez les indigènes. Suivant les mêmes méthodes historiques de la colonisation, les indiens ont découverts les plaisirs des blancs. Et depuis, alcool et tabac déciment des tribus. 

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 06:17, le 20/11/2008, Puyo
Mots clefs :

donner le jour

 

Jeudi soir, 

 

J'ai appris qu'en plus d'être homme médecine, militant pour la forêt, défenseur des droits indigènes, Wajuyat' est aussi accoucheur de sa communauté. Celui qui sait accompagner les femmes pendant le travail. 

Chez les shuars, avant de perdre les eaux, il sait s'il est temps de commencer le travail. 

Les mains sur le ventre, il sent si le bébé se présente bien. Sinon, il le guide pour le bouger.Si cela ne suffit pas, allongée dans un hamac, la future maman se fait balancer par la force de 2 hommes.

 On y est ?

La femme est à genoux. Il masse le ventre avec la plante de Maricahua et de la Tussa de mais, de haut en bas. Un foulard en guise de ceinture suit l'évolution du travail. Et voila ! En 2 heures maxi le bébé est là !


Les filles, il faut : 

* boire le blanc d'un oeuf, battu pour aider à accoucher

* se faire masser le dos, le ventre avec un peu de maricahua

* si le bébé est mal placé, se faire balancer dans un hamac !

* quand le travail commence se mettre à genoux

* pour fêter sa naissance, buvez un bon

"punchi" (infusion de plantes)

pour évacuer le sang

* donnez au bébé une infusion de Tsinsimp'

pour dégager ses bronches, pour son estomac et pour qu'il soit fort

 


 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 09:32, le 19/11/2008, Puyo
Mots clefs :

auto-gestion

 

 Samedi, assemblée à Yawinks

 

Aujourd'hui j'accompagne Wajuyat' pour une autre assemblée de communauté sur les droits indigènes. Nous nous rendons sur la terre de son enfance. Cette fois, je suis décidée à garder une trace. On m'accorde le rôle de reporter pour l'évènement : photos autorisées, paroles traduites !

 

 

 

 

ORDRE DU JOUR : le droit de préserver le territoire de l'emprise pétrolière et de l'exploitation forestière. 

1/ Etude de valeur de l'assemblée eut égard au nombre de personnes présentes : plus de 50%, c'est bon !

2/  Parole du syndicat de la communauté : s'organiser, ne plus se faire "acheter" (comme les anciens) et défendre son droit d'habiter

3/ Election d'un délégué représentant du permis de construire (des maisons en bois et pas en ciment). 2 hommes se portent volontaires, dont un sera le chargé du territoire complexe et conflictuel de Puyo.

4/ Parole de Wajuyat', représentant de son père qui fut un homme important. Les grandes lignes : rester unis malgré tout, ne pas faire confiance aux autres et préserver l'environnement naturel.

"C'est notre terre, nous en avons un titre ancestral !"

5/ Planification des terres de la communauté : préparer le terrain pour des cultures, se procurer un bac à déchets pour nettoyer la communauté et attribution de terres à Ortensia et à nous deux.

AYU !

 

"Nous ne sommes pas des machines, mais des esprits libres et sensibles !"

quelqu'un dans l'assemblée

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 10:52, le 18/11/2008, Puyo
Mots clefs :

encore plus " a dentro de la selva"

 

Dimanche, chez le chaman

 

Ce matin vers 6 ou 7h on a quitté la communauté kichwa pour marcher tout le jour jusqu'au Centro de Semillas. Depuis mercredi nous sommes dans la communauté où vit une grand-mère, sa fille veuve (son mari chaman fut assassiné), son fiston beau comme un guerrier et Omar (tombé des étoiles. Dans une autre maison vit le chaman et sa femme, sa fille et son copain (15 ans enceinte de 5 mois) et les petits dont la belle Casandra. 

Ce monsieur porte le nom de mon grand-père. J'ai eu le temps de penser et de m'imaginer comment allait se passer la rencontre, pendant tout le chemin long et difficile pour lui rendre visite. Il nous attendait depuis la veille car il avait rêvé de notre venue. Nous fêtons notre arrivée le soir même et nous patientons jusqu'à samedi. Au programme, rien de violent (sinon la 1ère soirée arrosée au trago). Le cadre pousse à la farniente : fleuve, chaleur, chicha ; aux apprentissages aussi : pêche, panier, trago, huile d'ungurahua; agrémenté d'une belle partie de volet et finalement la rencontre avec l'ayahuaska. 

De manière tout-à-fait banale, à la nuit tombée, dans l'entrée de la maison, on s'installe tout les trois pour une scéance. Les feuilles s'agitent dans l'air pour nettoyer. Il souffle, respire, crache... et trouve la force de gêrer la maison. Il me souffle dans la tête, aspire le mal. 

 

 Le SUWA, hénné latino :

*  Tous les shuars ont de beaux cheveux noirs. Pa sun cheveux blanc ne vient changer l'image que l'on a de ces crinières indiennes, longues et soyeuses.

Ca y est ! J'AI LE SECRET !

* Le fruit de Suwa est une boule qui contient un liquide. On l'utilise comme peinture sur corps ou sur les cheveux. Exactement comme le hénné. 

* Durant tout mon voyage j'ai vu très souvent les enfants et les jeunes passer des heures à se faire des tatouages. Souvent d'ailleurs ils marquent des inscriptions, sinon font quelques dessins  ou retracent des peintures ancestrales géométriques.

* Pour la peinture, soit tu ouvre le fruit en 2 et plonge un petit bâton dans l'encre transparente et le tatouage apparait peu à peu; soit, posé dans les braises, la moitier de fruit rond chauffe et le jus fonce. 

* Pour faire une teinture de cheveux, il faut passer du temps à raper (à l'aide d'une boîte de conserve percée ! hé hé !) une bonne quantité de fruits. Il vaut mieux se protéger les mains, croyez-en mon expérience ! Puis faire couler le jus de la pelure sur la tête.

* Pour de beaux cheveux ! Ca pue même pas ! parceque tu le vaut bien !

 

 

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 09:56, le 18/11/2008, Puyo
Mots clefs :

Page précédente Page suivante


Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Album photos
Archives
Mes amis

La carte des lieux visités





Derniers articles
- je pars
- les brumes de la sierra
- ce que disent les cartes
- conversation dans la cuisine
- viva la selva !



Rubriques
- accueil
les vanneries de val
terre et humanisme
les fleurs et bea
mon ami elfe dilo
bodypainting
volontaire chez les shuars
survival
infos de dirik
peuples solidaires
wajuyat'
stef' graphiste peintre

Mes amis

Newsletter

Saisissez votre adresse email